06.07.2008
Oui à l'Europe fédérale !
par Robert de Herte
Les discussions sur l'Europe sont le signe le plus évident de la confusion de la pensée actuelle. L'une des causes de cette confusion réside dans l'incapacité de la plupart des protagonistes du débat à raisonner à propos de l'Europe en d'autres termes que ceux de leur héritage politique singulier. Une autre cause est l'incapacité de ces mêmes acteurs à hisser le débat au niveau qui lui convient, celui d'une interrogation fondamentale sur les notions de politie, de droit, de légitimité, de représentation, d'autonomie et de souveraineté. Ces traits sont particulièrement marqués en France, ce qui n'a rien d'étonnant, puisque la mentalité de la classe politique, de droite comme de gauche, n'a cessé depuis des siècles d'être structurée par le paradigme, bodinien d'abord, puis jacobin, de l'unité (au détriment de l'union) et de la souveraineté indivisible (au détriment de la souveraineté répartie).
Les réticences vis-à-vis de l'Europe s'alimentent d'abord des incontestables défauts de la construction européenne. On ne peut qu'être frappé à cet égard du total décalage existant entre une union européenne particulièrement avancée sur le plan commercial et financier et quasiment inexistante dans les domaines militaire, politique et social. L'Europe ne dispose aujourd'hui d'aucun exécutif digne de ce nom. Elle est créatrice d'obligations par le biais du droit communautaire, mais semble incapable d'en donner la justification. Le discours sur la subsidiarité est contredit par la mise en place d'une bureaucratie qui se veut omnicompétente. Faute d'une instance constituante, rompant avec la méthode opaque des conférences intergouvernementales, l'Europe devient productrice de flou. Ne comprenant plus rien à l'enchevêtrement des compétences et des pouvoirs, inquiets devant les " abandons de souveraineté " qu'ils ne voient pas compensés par l'émergence d'une souveraineté européenne, menacés dans leur vie quotidienne par un double déficit démocratique et social, ayant le sentiment que l'Europe se résume aux banquiers de Francfort, aux technocrates de Bruxelles et aux juges de La Haye, les citoyens tendent à regarder l'Europe comme un problème plus que comme une solution.
L'Union européenne ne remplit donc pas le rôle que l'on est en droit d'attendre d'elle. Mais qu'en est-il de la France ? William Abitbol et Paul-Marie Coûteaux écrivent que " l'Europe n'est plus qu'un instrument de la mondialisation et non le rempart qu'elle prétendait jadis lui opposer ", mais ils reconnaissent en même temps que " notre pays n'a plus la moindre politique, ni même les moyens d'en avoir une " (" Souverainisme, j'écris ton nom ", Le Monde, 30 septembre 1999). La vérité est que tous les maux qu'on prête aux institutions européennes se retrouvent à l'échelon national. Il n'y a pas moins de " déficit démocratique " en France qu'en Europe, la technocratie parisienne vaut bien la technocratie bruxelloise, et l'on ne voit pas pourquoi les fabricants de fromage qui s'indignent, à juste titre, qu'on réglemente leur production à Bruxelles, devraient trouver normal qu'on la réglemente à Paris. Quant à la diversité des pays européens, qu'on allègue parfois pour en tirer argument contre la construction européenne, elle n'est pas moindre que celle des régions françaises : vouloir réunir l'Allemagne et la Grèce n'est pas plus extraordinaire que d'avoir réuni la Corrèze et l'Ile-de-France. Dès lors, la seule question qui se pose est de savoir à quel niveau la souveraineté peut le mieux s'exercer. La réponse n'est pas douteuse. Une Europe imparfaite vaut mieux que pas d'Europe du tout.
Ce qu'on peut en fait le plus reprocher à la construction européenne actuelle, c'est de ne rechercher une légitimité qu'en termes d'output, c'est-à-dire en termes d'efficacité de résultats mesurés et prédéterminés par un cadre régulateur d'intégration au marché. La dynamique d'intégration s'oriente alors fondamentalement vers une société de marché transnationale et socialement dérégulée, dont la valeur se résume à la stabilité monétaire et à la compétitivité des entreprises. " Les conditions préalables à la formation d'un consentement négocié ne sont pas réunies, constate Thomas O. Hueglin, car chaque joueur va chercher à maximiser son intérêt dans ce jeu à niveau multiple plutôt que de prendre un engagement de solidarité mutuelle " (" Le fédéralisme d'Althusius dans un monde post-westphalien ", in L'Europe en formation, printemps 1999, p. 38). Or, ce qu'il faut rechercher, c'est au contraire une légitimité en termes d'input, la construction européenne devant avoir pour objectif de permettre à toutes les parties associées de traiter elles-mêmes librement, chaque fois qu'elles le peuvent, les problèmes qui les concernent, en acceptant les conséquences qui découlent de cette liberté.
L' " Europe des Etats ", l' " Europe des patries " ou l' " Europe des nations ", formules commodes pour masquer un refus fondamental de l'Europe, ne permettent pas d'atteindre un tel objectif. Il en va de même d'une " nation européenne ", qui reporterait au niveau supra-national toutes les tares propres à la logique unitaire de l'Etat-nation jacobin - et aussi d'un fédéralisme " par le haut " qui n'est que trop souvent l'alibi de l'hégémonisme. Seul le fédéralisme " par le bas ", dit aussi fédéralisme intégral ou sociétal (cf. Lutz Roemheld, Integrale Föderalismus, Vögel, Munich, 1978 ; Thomas O. Hueglin, Sozietaler Föderalismus, Walter de Gruyter, Berlin, 1991), fondé sur une application rigoureuse du principe de subsidiarité, peut permettre, en faisant partir la construction européenne du niveau communautaire, local et régional, de rejeter d'un même mouvement l'impuissance et le nivellement.
La prédominance du modèle de l'Etat-nation a fait oublier qu'une nation peut aussi bien se composer d'une pluralité d'Etats, et un Etat d'une pluralité de nations. Il faut se défaire de cette vision étatiste et absolutiste qui a trop longtemps interdit de penser l'exercice de la démocratie dans un cadre autre que celui de l'Etat-nation, alors qu'elle a partout entraîné l'uniformisation, la relégation dans le privé de liens substantiels entre les membres des diverses communautés, la suppression des enracinements concrets et des appartenances particulières, la centralisation et la concentration des pouvoirs entre les mains d'une Nouvelle Classe de gestionnaires et de techniciens. Comme l'avait déjà noté Nicolas Berdiaev, l'Etat n'a de sens que pour autant qu'il crée les conditions du vouloir vivre ensemble, en faisant participer à la vie publique tous les membres du corps politique tout en étant le " garant de l'ordre des autonomies " (De l'esclavage et de la liberté de l'homme, Desclée de Brouwer, 1990, p. 194). Il s'agit de retrouver les échelons intermédiaires supprimés par des siècles de jacobinisme, et de faire resurgir une vie locale fondée sur des valeurs partagées, aujourd'hui menacées par la montée de la rationalité anonyme, des valeurs marchandes et de la mondialisation.
Nous ne sommes donc ni du côté des " souverainistes " nationalistes ou nationaux-républicains, ni du côté des " libéralo-libertaires " qu'on leur oppose parfois. Nous pensons que l'Europe doit aller vers un fédéralisme par le bas. Cela signifie que les petits Etats européens doivent se fédérer entre eux, et que les grands doivent se fédéraliser à l'intérieur de leurs frontières. On a besoin en France d'une Europe fédérale souveraine, à la fois " une et indivisible ", comme on a besoin en Europe d'une France fédérale, qui cesse d'être une " république une et indivisible " pour devenir la république fédérale des peuples de France.
[Eléments n°96, novembre 1999]
14:32 Publié dans Identité, Métapolitique, Nouvelle Droite, Politique, Régionalisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : robert de herte, europe, identité, éléments
Paysages et sens du lieu

- Photo: Yann Arthus-Bertrand, mer
Par Luisa Bonesio
Comme l'a souligné Marcello Veneziani à propos des approches géo-philosophiques du problème de la territorialité, le besoin, caractérisant l'attitude communautaire, de se reconnaître dans des archétypes, traditions et continuités formant un horizon de sens, est inséparable du sentiment ou du désir d'appartenance à un lieu, d'enracinement dans une terre d'élection, de recherche d'un horizon où se fixer. C'est l'affirmation de la valeur des lieux et de la mémoire contre la mondialisation déracinante, cosmopolite, multiraciale, laquelle s'exprime aussi au travers du nivellement des caractéristiques locales, de l'uniformité indifférenciatrice où la Terre est comme fondue de nouveau en un bloc unique, monotone et déculturant. Dans le cadre de ses pertinentes oppositions terme à terme, Veneziani soutient que « la communauté relève d'un lieu, ce qui est libéral d'un temps » : la communauté est la pensée d'une origine et d'une généalogie inscrites dans des lieux précis patrie ou matrie , d'où elle tire aliment et sens (« La frontière n'est pas le mal, mais ce qui garantit concrètement la sphère de notre être et de notre agir » (1) ; le cosmopolitisme faustien, la fuite en avant libérale, sont au contraire tout entiers tournés vers la libération de ce qui rattache à une terre et à la singularité d'un lieu, au nom de l'universalisme à réaliser au sein d'une temporalité orientée vers le progrès. Ceci signifie que l'insistance sur la variabilité des temps et des traditions, donc sur le relativisme historique des valeurs, a pour pendant la tendance complémentaire à l'abolition des différences, des identités partielles et éparses. Inversement, la défense des différences, des identités et des traditions qui s'incarnent dans des patries territorialement définies, s'accompagne généralement d'une mise en valeur de la mémoire, de l'héritage culturel, dans le cadre d'une idée de communauté élargie aux ascendants et aux descendants, ainsi qu'à la terre elle-même.
14:20 Publié dans Identité, Métapolitique, Nouvelle Droite, Régionalisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : luisa bonesio, nature, géographie, philosophie, monde
29.06.2008
L'hallucination du monde d'après Antonin Artaud

Par Frédéric Schramme
Si notre fin de siècle est si avide de commémorations d'événements de toutes natures, c'est bien la preuve que, gavée de progrès technologique, incapable de la moindre innovation politique et sociale, la société moderne s'enfonce dans un marasme irrémédiable qu'elle aura beau jeu de travestir en une improbable incarnation de la Fin de l'histoire. Pourtant, c'est presque en vain que l'on cherchera parmi ces innombrables remémorations un éventuel hommage rendu à l'occasion du centième anniversaire de la naissance ou du cinquantenaire de la mort d'Antonin Artaud (1896-1948). Mais il faut croire que l'œuvre atypique et inclassable du poète-acteur-dramaturge ne peut faire les frais de cette insidieuse tendance largement répandue dans le marigot gouvernemental qui consiste à ne regarder le monde qu'au travers des œillères manichéennes à bipolarité droite/gauche, alpha et oméga de toute pensée moderne; preuve s'il en était que nous avons depuis longtemps atteint les grandes profondeurs abyssales de l'inculture et de la démagogie politicienne. Cette impossibilité du recyclage de l'œuvre du «crucifié de la modernité » (cf. Xavier Rihoit, in Le Choc, n°11) tient pour beaucoup dans le fait qu'il est un des rares auteurs à véritablement répondre à la volonté nietzschéenne de «briser les fenêtres et sauter au dehors» des institutions de la société «où le long suicide de tous s'appelle la vie».
01:45 Publié dans Figures, Métapolitique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : antonin artaud
Définir et dénoncer l'ethnocide

Par José Javier Esparza, article publié dans la revue madrilène Punto y coma, traduit dans la revue Vouloir n°35-36 (janv. 1987) par R. Pete
Tout le monde sait ce qu'est un génocide. Personne, ou presque, ne parle d'ethnocide, mécanisme de déracinement culturel qui s'abat, de nos jours, sur la majeure partie du monde. Ses victimes : les peuples, les cultures, les spécificités ethniques. Au profit d'un monde artificiel et homogénéisé. S'engager pour la cause des peuples exige, comme acte préalable, de désigner l'ennemi. Et l'ennemi, dans cette dynamique, c'est l'ethnocide.
L'homme est être de culture. Tout autant que l’espèce humaine est une notion biologique. Sur ce plan, zoologique, tous les hommes sont égaux. Mais les hommes ne se définissent pas seulement par leur constitution biologique mais plutôt par leur appartenance d une culture. L'Homme, dépourvu d’instincts pré-programmés, comme le souligne l'éthologie d'un Konrad Lorenz ou l’anthropologie d'un Arnold Gehlen, doit construire son comportement face au milieu. Cette construction est d'ordre "culturel". De sorte que, selon Gehlen, l'homme est "un être culturel par nature".
Le monde humain : une polyphonie
La même règle prévaut pour les sociétés humaines. Les hommes se regroupent en communautés de culture. Il n'y a pas de culture universelle ni d'homme universel. Il y a des peuples avec des cultures et des hommes. Le monde humain est essentiellement polyphonique. Les cultures se constituent ainsi, pour les hommes, en moyens destinés à la création de leur environnement. Cette culture ne peut être réduite à de la "production culturelle". La culture est la configuration que prennent les coutumes, les rites, les visions-du-monde, les conceptions de la société, les notions de sacré, les manières particulières de chaque entité à comprendre la relation qu'il y a entre l'homme et le monde. Toute tentative d'homogénéiser les cultures, de les réduire à un modèle universel constitue une atteinte contre ce qui est spécifiquement humain : la diversité culturelle. L'ethnocide s'inscrit dans cette dynamique homogénéisante. En provoquant l'extinction de la diversité culturelle, l'ethnocide implique la lente disparition de la spécificité des hommes et des peuples. Il implique la mort de l'humain.
Nous assistons à l'heure actuelle à une nouvelle configuration idéologique dans le monde qui se base sur un système de valeurs uniciste. Le vieux processus de colonisation "brutal et violent" a fait place à un néo-colonialisme pacifique et mercantile qui prétend imposer partout sa vision-du-monde. Ce qui est primordial pour ce néo-colonialisme, c'est la domination psychique et culturelle des peuples vivant dans les aires de son expansion potentielle, plutôt que leur simple domination physique/politique. L'agent privilégié de ce néo-colonialisme est précisément l'ethnocide, phénomène que nous pourrions définir, en un premier stade, comme un génocide culturel, génocide de "bonne conscience", exercé "pour le bien du sauvage". Ses résultats sont tout aussi négatifs et abominables que ceux d'une extermination physique.
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01:38 Publié dans Histoire, Identité, Métapolitique, Militantisme, Nouvelle Droite, Politique, Religion, Solidarité, Tradition | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : identités, peuples, nations, régions, humanité
Dostoïevski et la problématique Est-Ouest

Dostoïevski est l'écrivain de la maladie de l'âme russe, qui était encore rampante en son temps et qui a attendu le bolchevisme pour éclater au grand jour. Dostoïevski n'est plus campé sur un sol ferme, comme l'étaient les slavophiles. La sérénité plaisante, jouissant d'immenses espaces, de l'ancienne vie russe lui est étrangère. Il ne vit et ne décrit pas la Russie moscovite, comme Griboïedov ou Ostrovski - même s'il est originaire de Moscou - mais l'époque de Saint-Pétersbourg dans l'histoire russe, au moment où deux approches sentimentales du monde entrent en collision sur le sol russe, au moment où l'Asie et l'Europe se rencontrent dans le cœur de l'homme russe. Ses héros sont des représentants de l'intelligentsia pétrinienne, dont les âmes déchirées sont le théâtre où s'affrontent et s’entre-déchirent dans une lutte mortelle le vieil esprit oriental et le nouvel esprit occidental. De là, l'énergie débridée et dramatique de ses romans qui, dans leur construction, leur structure et leur dynamique sont en fait des tragédies. On ne discerne rien en eux de l’ampleur épique, et on n'a nullement l'impression de pénétrer dans l'immédiateté d'un monde bien clos.
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Source :
Walter Schubart (1897-1941), extrait de Europa und die Seele des Ostens (1938), in revue Vouloir n°129/131, janv. 1996. Tr. fr. : L'Europe et l'âme de l'Orient, tr. D. Moyrand et N. Nicolsky, Albin Michel, 1949. [N.B. : il existe également une traduction italienne de ce livre : L'Europa e l'anima dell'oriente (tr. Guido Gentilli, Ed. di Comunità, Milano, 1947. Recension : Rivista di filosofia, n°2/1948, p. 200-201) ; une espagnole : Europa y el alma de oriente (Edic. Studium de Cultura, Madrid, 1946) ; une anglaise : Russia and Western Man (tr. A. von Zeppelin, F. Ungar Publishing Co., NY, 1950). On pourra aussi se reporter pour une étude sur cet auteur à : A. Vitale, Il destino dell'Europa e la rinascita della Russia. Note su Walter Schubart, in Futuro Presente n°7 (1995), p. 81-90].
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Corridor 5 : nouvelle voie de l'économie

AB: Pourquoi cet intérêt subit et tardif que manifeste le gouvernement italien et la Commission européenne pour ce "Corridor 5"?
FS: Le Corridor numéro 5 tire toutes ses potentialités parce qu'il traverse un vaste bassin naturel, par où passe un trafic important; plus tard, ces potentialités se verront encore amplifiées, parce que ce bassin s'élargira à d'autres flux susceptibles d'être canalisés via d'autres parcours alternatifs, dans des conditions améliorées, qu'offriront les différents pays. Si ces flux peuvent couler de manière optimale, ils favoriseront les échanges entre plusieurs pays d'Europe occidentale, dont le Nord de l'Espagne, le Midi de la France et une partie de la Suisse et de la Padanie, avec les PECO; ces flux pourront emprunter directement le "Corridor 5", ce qui nous donnera l'occasion d'éviter de détourner le trafic vers le Nord des Alpes, modus operandi qui augmente considérablement les coûts de transport.
01:25 Publié dans Actualité, Economie, Géopolitique, Métapolitique, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : corridor 5, balkans, atlantique, géopolitique, russie, europe, usa
26.06.2008
Russie, les impasses d’une mémoire blessée : complexe post-impérial et perspective altereuropéenne

Que reste-il de notre victoire ? Russie-Occident : le malentendu
par Natalia Narotchnitskaia, Editions des Syrtes, 208 pages, 18 euros.
Pascal Lassalle
Source : http://theatrumbelli.hautetfort.com
Dans un contexte de tensions et d’incompréhension croissantes entre une Russie renaissante et un Occident américanocentré, les éditions des Syrtes ont été bien inspirées de publier un petit essai qui tombe à pic. Celui-ci est l’œuvre de Natalia Alexeevna Narotchnitskaia, une des figures de proue de la mouvance patriotique russe et, de ce fait, le porte parole de bon nombre de ses compatriotes (1).
Née en 1948, personnalité éminente de l’Orthodoxie politique, cette historienne, membre de l’Académie des sciences, fut élue député du parti Rodina et occupa le poste de vice-présidente de la Commission des Affaires étrangères de la Douma. Farouche partisane d’une « civilisation orthodoxe » singulière fondée sur la prédominance des Russes ethniques, Narotchnitskaia s’est signalée par ses critiques de la globalisation et des mécanismes supranationaux. Partisane d’un maintien des souverainetés étatiques et nationales, elle s’est fait aussi connaître par ses vigoureuses prises de positions contre la désagrégation de la Yougoslavie et l’implication de l’Otan, ce jusqu’à la récente proclamation d’indépendance du Kosovo. Son premier ouvrage traduit en français est donc un événement éditorial, d’autant plus qu’elle dirige depuis peu un Institut russe de la démocratie et de la coopération, basé à Paris, qui vise notamment à observer les atteintes aux droits de l’homme en Occident. Polémique et passionné, son livre, desservi par une traduction parfois approximative, se présente comme un appel véhément lancé à l’opinion publique occidentale.
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19:16 Publié dans Géopolitique, Histoire, Identité, Livres, Métapolitique, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : natalya narotchnitskaya, rossiya, russie, europe, occident, géopolitique, identité
15.06.2008
Alain de Benoist évoque l'Asie

ONG : Quelle impression avez-vous eu de la Chine lors de votre passage ?
Alain de Benoist : Je me suis rendu pour la première fois en Chine populaire au mois d’août 2007, pour un séjour de très courte durée (une dizaine de jours) durant lequel, exception faite d’un rapide voyage à la campagne pour aller voir la Grande Muraille, je n’ai pu visiter que Tianjin et Beijing. Ce que j’ai vu ne m’a pas à proprement parler surpris, tant la télévision nous précède désormais un peu partout. Rien ne remplace toutefois un séjour sur place, car c’est seulement dans ces conditions que l’on peut noter une foule de petits détails que l’on ignorerait autrement. Comme tout le monde, j’ai été frappé de l’intensité activité qui se déploie actuellement dans un pays qui connaît désormais une croissance annuelle à deux chiffres (avec néanmoins d’immenses problèmes liés à la disparité existant entre les grandes villes et les campagnes reculées). Pour des raisons que j’ai du mal à m’expliquer, j’ai toujours été extrêmement attiré par l’Asie, les types humains asiatiques, les paysages d’Asie. Je peux même avouer qu’à l’époque de la Révolution culturelle, j’ai même eu quelques faiblesses pour le maoïsme, dont j’ai bien connu certains représentants français (j’avais alors moi-même le projet, pas très réaliste, d’écrire une biographie du maréchal Lin Biao). Ce rapide voyage a pour moi été une occasion de voir les Chinois de près, leur façon d’être et de vivre, etc. J’ai fait mille notations au passage. Permettez-moi de mentionner aussi le plaisir gastronomique, non négligeable pour quelqu’un qui, comme moi, a l’habitude à Paris de fréquenter trois ou quatre fois par semaine les restaurants asiatiques !
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Source: http://ongong.canalblog.com/archives/2008/06/14/9...
18:49 Publié dans Géopolitique, Identité, Métapolitique, Militantisme, Nouvelle Droite, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : asie, asia, europe, identité, révolution, ong, solidarité
14.06.2008
Consommer démocratiquement dans une démocratie consumériste

Par Rodion Raskolnikov
Quand on regarde les tableaux réalistes américains des années 60 on est immédiatement frappé par le nombre de productions artistiques présentant le monde marchand comme une fête bien ordonnée. Les Trente Glorieuses qui ne furent pas avares en mythes de toutes sortes présentèrent artistiquement le consumérisme comme l'aboutissement des luttes engagées par le monde libre et civilisé (alors que la pénurie évoquait l'échec de l'économie planifiée bolchévique).
Le supermarché, qui avait causé la faillite de tant de petits artisans et épiciers de quartiers, symbolisait l'achèvement de la recherche du confort par la consommation. Le supermarché n'est pas tant représenté comme un gigantesque entrepôt de marchandises mais plutôt comme un lieu de vie où l'on vient en famille, généralement le samedi, déambuler le long des rayons et observer la cohorte de marchandises diverses, colorées et bien ordonnées semblant nous dire que la démocratie et la liberté ont abouti à ceci : la plus haute expression de notre liberté s'incarne dans le choix, la variété et le confort.
19:36 Publié dans Economie, Histoire, Identité, Métapolitique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : malbouffe, capitalisme, anticapitalisme, consommation
L'architecture moderne anti-personnelle des villes
Reportage - Pas Lieu D'être - l'architecture moderne anti personnelle des villes. 52 mn.
19:25 Publié dans Economie, Métapolitique, Télévision, Vidéos | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : urbanisme, ville, moderne, humain, habitat


