29.06.2008

Arménie: nation martyr de l'orthodoxie

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Plus d'un touriste s'émerveillait jadis, en 1988, à Erivan, capitale de l'Arménie, de pouvoir aller se promener dans les montagnes du Nagorno Karabagh, une région dont le nom signifie “jardin noir” en langue turque. Aujourd'hui, ce pays merveilleux est l'endroit, sur la planète, le plus couvert de mines anti-personnel. Le Nagorno Karabagh, que les Arméniens appellent “Artzhak”, est un nouvel Etat, né de la résistance et de la guerre des partisans menée par la population arménienne contre l'invasion islamique turque venue d'Azerbaïdjan. Les Azéris, effectivement, se sont rendus maîtres du pays au moment de l'effondrement de l'Union Soviétique. Si on s'y rend en voiture en venant de la cité de Berdzor, il faut traverser un no man's land encore infesté de bandes azéries et passer entre deux colonnes frappée d'un symbole identique au “Soleil des Alpes” placé sur une épée marquée d'une croix. On se trouve alors dans le district de Shushi, une ville accrochée à une montagne escarpée, où Sergey Tsaturian reçoit les visiteurs. Il est le commandant de la Garde Nationale. Il est l'un des sept frères de la première famille qui, guidée par le patriarche Grigory Shendyan, âgé de 98 ans, a pris les armes contre les envahisseurs. Avec grande fierté, il nous montre une église dont on achève la construction: les Azéris d'ethnie turque l'avaient incendiée puis faite sauter à la dynamite, il y a trois ans.

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Définir et dénoncer l'ethnocide

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Par José Javier Esparza, article publié dans la revue madrilène Punto y coma, traduit dans la revue Vouloir n°35-36 (janv. 1987) par R. Pete

 

Tout le monde sait ce qu'est un génocide. Personne, ou presque, ne parle d'ethnocide, mécanisme de déracinement culturel qui s'abat, de nos jours, sur la majeure partie du monde. Ses victimes : les peuples, les cultures, les spécificités ethniques. Au profit d'un monde artificiel et homogénéisé. S'engager pour la cause des peuples exige, comme acte préalable, de désigner l'ennemi. Et l'ennemi, dans cette dynamique, c'est l'ethnocide.

L'homme est être de culture. Tout autant que l’espèce humaine est une notion biologique. Sur ce plan, zoologique, tous les hommes sont égaux. Mais les hommes ne se définissent pas seulement par leur constitution biologique mais plutôt par leur appartenance d une culture. L'Homme, dépourvu d’instincts pré-programmés, comme le souligne l'éthologie d'un Konrad Lorenz ou l’anthropologie d'un Arnold Gehlen, doit construire son comportement face au milieu. Cette construction est d'ordre "culturel". De sorte que, selon Gehlen, l'homme est "un être culturel par nature".

 

Le monde humain : une polyphonie

 

La même règle prévaut pour les sociétés humaines. Les hommes se regroupent en communautés de culture. Il n'y a pas de culture universelle ni d'homme universel. Il y a des peuples avec des cultures et des hommes. Le monde humain est essentiellement polyphonique. Les cultures se constituent ainsi, pour les hommes, en moyens destinés à la création de leur environnement. Cette culture ne peut être réduite à de la "production culturelle". La culture est la configuration que prennent les coutumes, les rites, les visions-du-monde, les conceptions de la société, les notions de sacré, les manières particulières de chaque entité à comprendre la relation qu'il y a entre l'homme et le monde. Toute tentative d'homogénéiser les cultures, de les réduire à un modèle universel constitue une atteinte contre ce qui est spécifiquement humain : la diversité culturelle. L'ethnocide s'inscrit dans cette dynamique homogénéisante. En provoquant l'extinction de la diversité culturelle, l'ethnocide implique la lente disparition de la spécificité des hommes et des peuples. Il implique la mort de l'humain.

Nous assistons à l'heure actuelle à une nouvelle configuration idéologique dans le monde qui se base sur un système de valeurs uniciste. Le vieux processus de colonisation "brutal et violent" a fait place à un néo-colonialisme pacifique et mercantile qui prétend imposer partout sa vision-du-monde. Ce qui est primordial pour ce néo-colonialisme, c'est la domination psychique et culturelle des peuples vivant dans les aires de son expansion potentielle, plutôt que leur simple domination physique/politique. L'agent privilégié de ce néo-colonialisme est précisément l'ethnocide, phénomène que nous pourrions définir, en un premier stade, comme un génocide culturel, génocide de "bonne conscience", exercé "pour le bien du sauvage". Ses résultats sont tout aussi négatifs et abominables que ceux d'une extermination physique.

 

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Dostoïevski et la problématique Est-Ouest

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Dostoïevski est l'écrivain de la maladie de l'âme russe, qui était encore rampante en son temps et qui a attendu le bolchevisme pour éclater au grand jour. Dostoïevski n'est plus campé sur un sol ferme, comme l'étaient les slavophiles. La sérénité plaisante, jouissant d'immenses espaces, de l'ancienne vie russe lui est étrangère. Il ne vit et ne décrit pas la Russie moscovite, comme Griboïedov ou Ostrovski - même s'il est originaire de Moscou - mais l'époque de Saint-Pétersbourg dans l'histoire russe, au moment où deux approches sentimentales du monde entrent en collision sur le sol russe, au moment où l'Asie et l'Europe se rencontrent dans le cœur de l'homme russe. Ses héros sont des représentants de l'intelligentsia pétrinienne, dont les âmes déchirées sont le théâtre où s'affrontent et s’entre-déchirent dans une lutte mortelle le vieil esprit oriental et le nouvel esprit occidental. De là, l'énergie débridée et dramatique de ses romans qui, dans leur construction, leur structure et leur dynamique sont en fait des tragédies. On ne discerne rien en eux de l’ampleur épique, et on n'a nullement l'impression de pénétrer dans l'immédiateté d'un monde bien clos.

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Source :

Walter Schubart (1897-1941), extrait de Europa und die Seele des Ostens (1938), in revue Vouloir n°129/131, janv. 1996. Tr. fr. : L'Europe et l'âme de l'Orient, tr. D. Moyrand et N. Nicolsky, Albin Michel, 1949. [N.B. : il existe également une traduction italienne de ce livre : L'Europa e l'anima dell'oriente (tr. Guido Gentilli, Ed. di Comunità, Milano, 1947. Recension : Rivista di filosofia, n°2/1948, p. 200-201) ; une espagnole : Europa y el alma de oriente (Edic. Studium de Cultura, Madrid, 1946) ; une anglaise : Russia and Western Man (tr. A. von Zeppelin, F. Ungar Publishing Co., NY, 1950). On pourra aussi se reporter pour une étude sur cet auteur à : A. Vitale, Il destino dell'Europa e la rinascita della Russia. Note su Walter Schubart, in Futuro Presente n°7 (1995), p. 81-90].

 

26.06.2008

Russie, les impasses d’une mémoire blessée : complexe post-impérial et perspective altereuropéenne

 

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Que reste-il de notre victoire ? Russie-Occident : le malentendu
par Natalia Narotchnitskaia, Editions des Syrtes, 208 pages, 18 euros.

 

Pascal Lassalle
Source : http://theatrumbelli.hautetfort.com

Dans un contexte de tensions et d’incompréhension croissantes entre une Russie renaissante et un Occident américanocentré, les éditions des Syrtes ont été bien inspirées de publier un petit essai qui tombe à pic. Celui-ci est l’œuvre de Natalia Alexeevna Narotchnitskaia, une des figures de proue de la mouvance patriotique russe et, de ce fait, le porte parole de bon nombre de ses compatriotes (1).

Née en 1948, personnalité éminente de l’Orthodoxie politique, cette historienne, membre de l’Académie des sciences, fut élue député du parti Rodina et occupa le poste de vice-présidente de la Commission des Affaires étrangères de la Douma. Farouche partisane d’une « civilisation orthodoxe » singulière fondée sur la prédominance des Russes ethniques, Narotchnitskaia s’est signalée par ses critiques de la globalisation et des mécanismes supranationaux. Partisane d’un maintien des souverainetés étatiques et nationales, elle s’est fait aussi connaître par ses vigoureuses prises de positions contre la désagrégation de la Yougoslavie et l’implication de l’Otan, ce jusqu’à la récente proclamation d’indépendance du Kosovo. Son premier ouvrage traduit en français est donc un événement éditorial, d’autant plus qu’elle dirige depuis peu un Institut russe de la démocratie et de la coopération, basé à Paris, qui vise notamment à observer les atteintes aux droits de l’homme en Occident. Polémique et passionné, son livre, desservi par une traduction parfois approximative, se présente comme un appel véhément lancé à l’opinion publique occidentale.

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25.06.2008

Alexander Gorelovsky: Course of “PRORIV!” for independence and unity with Russia

(Александр Гореловский  / Aleksandr Gorelovskiï)

Correspondent: Alexander, today “PRORIV!” suffers an informational blockade. Corrupt officials and botchers unite in order to make your popular movement leave the political scene. How can you comment on this fact? Does “PRORIV!” have any prospects of success in such a situation?

A.G.: Unfortunately, our youth was betrayed. During the blockade and the referendum our boys and girls supported our republic and its course for integration with Russia under sunny flags on hot and cold and even rainy days. All Pridnestrovian state mass media showed these actions almost every day. Then they received a command from above not to show those actions. And they obeyed. Guilty conscience of the executors is fed with state and bank bonuses. They eventually lose their value, but do not notice it. Today the principle of the national channel is the following: “One party. One fund. One bank. ”
People complain of it and say that makes them sick. But the opinion of people is not an argument for information mafia. “PRORIV!” in turn got only stronger in such conditions. We learned to work without TV.
Our young people communicate directly with people – they distribute newspapers, booklets, calendars. They tell people about the goals and objectives of “PRORIV!”, inform about current events in republic and abroad. Sooner or later we will also unblock television. “Our cause is just. We will gain victory!”

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15.06.2008

Alain de Benoist évoque l'Asie

 

ONG : Quelle impression avez-vous eu de la Chine lors de votre passage ?


Alain de Benoist : Je me suis rendu pour la première fois en Chine populaire au mois d’août 2007, pour un séjour de très courte durée (une dizaine de jours) durant lequel, exception faite d’un rapide voyage à la campagne pour aller voir la Grande Muraille, je n’ai pu visiter que Tianjin et Beijing. Ce que j’ai vu ne m’a pas à proprement parler surpris, tant la télévision nous précède désormais un peu partout. Rien ne remplace toutefois un séjour sur place, car c’est seulement dans ces conditions que l’on peut noter une foule de petits détails que l’on ignorerait autrement. Comme tout le monde, j’ai été frappé de l’intensité activité qui se déploie actuellement dans un pays qui connaît désormais une croissance annuelle à deux chiffres (avec néanmoins d’immenses problèmes liés à la disparité existant entre les grandes villes et les campagnes reculées). Pour des raisons que j’ai du mal à m’expliquer, j’ai toujours été extrêmement attiré par l’Asie, les types humains asiatiques, les paysages d’Asie. Je peux même avouer qu’à l’époque de la Révolution culturelle, j’ai même eu quelques faiblesses pour le maoïsme, dont j’ai bien connu certains représentants français (j’avais alors moi-même le projet, pas très réaliste, d’écrire une biographie du maréchal Lin Biao). Ce rapide voyage a pour moi été une occasion de voir les Chinois de près, leur façon d’être et de vivre, etc. J’ai fait mille notations au passage. Permettez-moi de mentionner aussi le plaisir gastronomique, non négligeable pour quelqu’un qui, comme moi, a l’habitude à Paris de fréquenter trois ou quatre fois par semaine les restaurants asiatiques !

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Source: http://ongong.canalblog.com/archives/2008/06/14/9...

 

14.06.2008

Consommer démocratiquement dans une démocratie consumériste

Par Rodion Raskolnikov

Quand on regarde les tableaux réalistes américains des années 60 on est immédiatement frappé par le nombre de productions artistiques présentant le monde marchand comme une fête bien ordonnée. Les Trente Glorieuses qui ne furent pas avares en mythes de toutes sortes présentèrent artistiquement le consumérisme comme l'aboutissement des luttes engagées par le monde libre et civilisé (alors que la pénurie évoquait l'échec de l'économie planifiée bolchévique).

Le supermarché, qui avait causé la faillite de tant de petits artisans et épiciers de quartiers, symbolisait l'achèvement de la recherche du confort par la consommation. Le supermarché n'est pas tant représenté comme un gigantesque entrepôt de marchandises mais plutôt comme un lieu de vie où l'on vient en famille, généralement le samedi, déambuler le long des rayons et observer la cohorte de marchandises diverses, colorées et bien ordonnées semblant nous dire que la démocratie et la liberté ont abouti à ceci : la plus haute expression de notre liberté s'incarne dans le choix, la variété et le confort.  

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Gjergj Kastrioti dit Skanderbeg, un héros albanais et européen méconnu

Par Rodion Raskolnikov

Il est de ces héros méconnus hors de leurs frontières qui ont beaucoup à apporter dans la compréhension de l'Histoire de certains peuples et de leur identité. Gjergj Kastrioti est de ceux-là, son exemple a le mérite de rappeler certains faits historiques oubliés ainsi que de remettre certaines pendules à l'heure (notamment face aux ignorants qui réduisent l'Histoire des Balkans et de ses peuples à une série d'antagonismes sanglants ou qui oublient que les albanais sont un peuple européen).

Gjergj Kastrioti est plus connu sous le nom de Skanderbey (appelé aussi Skanderbeg) et l'Histoire a été jusqu'à oublier qu'il fut évoqué aussi bien par Montaigne que par Ronsard. Le poète américain Henry Wadsworth Longfellow lui dédia un poème et Antonio Vivaldi composa un opéra éponyme.

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08.06.2008

Cinéma du Camarade: Ostrov de Pavel Lounguine

Режиссер : Павел Лунгин В ролях : Петр Мамонов, Виктор Сухоруков, Дмитрий Дюжев, Нина Усатова, Юрий Кузнецов, Виктория Исакова, Никита Тарасов. РОССИЯ. 2006.

Réalisateur: Pavel Lounguine. Acteurs: Pyotre Mamonov, Viktor Sukhorukov, Dmitriï Dyoujev, Nina Usatova, Youriï Kouznetsov, Viktoriya Isakova, Nikita Tarasov. Russie. 2006.

Durant la Seconde Guerre Mondiale, un marin soviétique est forcé de tuer son capitaine au cours d'un contrôle effectué par la Kriegsmarine. Après que son bâteau eut explosé, le marin est recueilli par des moines vivant sur une île et deviendra un staretz / yourodivy (Fol en Christ) vers lequel les foules se presseront pour bénéficier de ses dons de guérison, prophétie et exorcisme.

 

 

04.06.2008

Élections présidentielles en Russie

 

Par

INTERVENTION. Véra Nikolski et Djordjé Kuzmanovic reviennent sur les commentaires des médias et intellectuels français, volontairement désinformés selon eux, qui ont suivi l’élection de Medvedev en Russie en mars 2008. Une critique du regard "orientaliste" porté sur la Russie de Poutine. 17 MAI 2008.

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