29.06.2008

L'hallucination du monde d'après Antonin Artaud

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 Par Frédéric Schramme

 

Si notre fin de siècle est si avide de commémorations d'évé­nements de toutes natures, c'est bien la preuve que, gavée de progrès technologique, incapable de la moindre inno­va­tion politique et sociale, la société moderne s'enfonce dans un marasme irrémédiable qu'elle aura beau jeu de travestir en une improbable incarnation de la Fin de l'histoire. Pour­tant, c'est presque en vain que l'on cherchera parmi ces in­nombrables remémorations un éventuel hommage rendu à l'oc­casion du centième anniversaire de la naissance ou du cinquantenaire de la mort d'Antonin Artaud (1896-1948). Mais il faut croire que l'œuvre atypique et inclassable du poè­te-acteur-dramaturge ne peut faire les frais de cette in­sidieuse tendance largement répandue dans le marigot gou­vernemental qui consiste à ne regarder le monde qu'au tra­vers des œillères manichéennes à bipolarité droite/gauche, al­pha et oméga de toute pensée moderne; preuve s'il en é­tait que nous avons depuis longtemps atteint les grandes pro­fondeurs abyssales de l'inculture et de la démagogie po­li­ticienne. Cette impossibilité du recyclage de l'œuvre du «crucifié de la modernité » (cf. Xavier Rihoit, in Le Choc, n°11) tient pour beaucoup dans le fait qu'il est un des rares au­teurs à véritablement répondre à la volonté nietzschéen­ne de «briser les fenêtres et sauter au dehors» des in­sti­tutions de la société «où le long suicide de tous s'appelle la vie».

 

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Dostoïevski et la problématique Est-Ouest

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Dostoïevski est l'écrivain de la maladie de l'âme russe, qui était encore rampante en son temps et qui a attendu le bolchevisme pour éclater au grand jour. Dostoïevski n'est plus campé sur un sol ferme, comme l'étaient les slavophiles. La sérénité plaisante, jouissant d'immenses espaces, de l'ancienne vie russe lui est étrangère. Il ne vit et ne décrit pas la Russie moscovite, comme Griboïedov ou Ostrovski - même s'il est originaire de Moscou - mais l'époque de Saint-Pétersbourg dans l'histoire russe, au moment où deux approches sentimentales du monde entrent en collision sur le sol russe, au moment où l'Asie et l'Europe se rencontrent dans le cœur de l'homme russe. Ses héros sont des représentants de l'intelligentsia pétrinienne, dont les âmes déchirées sont le théâtre où s'affrontent et s’entre-déchirent dans une lutte mortelle le vieil esprit oriental et le nouvel esprit occidental. De là, l'énergie débridée et dramatique de ses romans qui, dans leur construction, leur structure et leur dynamique sont en fait des tragédies. On ne discerne rien en eux de l’ampleur épique, et on n'a nullement l'impression de pénétrer dans l'immédiateté d'un monde bien clos.

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Source :

Walter Schubart (1897-1941), extrait de Europa und die Seele des Ostens (1938), in revue Vouloir n°129/131, janv. 1996. Tr. fr. : L'Europe et l'âme de l'Orient, tr. D. Moyrand et N. Nicolsky, Albin Michel, 1949. [N.B. : il existe également une traduction italienne de ce livre : L'Europa e l'anima dell'oriente (tr. Guido Gentilli, Ed. di Comunità, Milano, 1947. Recension : Rivista di filosofia, n°2/1948, p. 200-201) ; une espagnole : Europa y el alma de oriente (Edic. Studium de Cultura, Madrid, 1946) ; une anglaise : Russia and Western Man (tr. A. von Zeppelin, F. Ungar Publishing Co., NY, 1950). On pourra aussi se reporter pour une étude sur cet auteur à : A. Vitale, Il destino dell'Europa e la rinascita della Russia. Note su Walter Schubart, in Futuro Presente n°7 (1995), p. 81-90].

 

14.06.2008

Gjergj Kastrioti dit Skanderbeg, un héros albanais et européen méconnu

Par Rodion Raskolnikov

Il est de ces héros méconnus hors de leurs frontières qui ont beaucoup à apporter dans la compréhension de l'Histoire de certains peuples et de leur identité. Gjergj Kastrioti est de ceux-là, son exemple a le mérite de rappeler certains faits historiques oubliés ainsi que de remettre certaines pendules à l'heure (notamment face aux ignorants qui réduisent l'Histoire des Balkans et de ses peuples à une série d'antagonismes sanglants ou qui oublient que les albanais sont un peuple européen).

Gjergj Kastrioti est plus connu sous le nom de Skanderbey (appelé aussi Skanderbeg) et l'Histoire a été jusqu'à oublier qu'il fut évoqué aussi bien par Montaigne que par Ronsard. Le poète américain Henry Wadsworth Longfellow lui dédia un poème et Antonio Vivaldi composa un opéra éponyme.

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10.06.2008

Chatov, personnage de Dostoïevski

Par Robert Steuckers

Dans l'œuvre de Dostoïevski, plus particulièrement dans Les Possédés, le personnage de Chatov, selon la plupart des exégètes, serait le porte-parole de l'écrivain lui-même et de l'idéologie nationaliste/racialiste russe. Le slaviste allemand Reinhard Lauth conteste cette interprétation classique, qui fait de Dostoïevski un idéologue génial de la "slavophilie" voire du panslavisme. Sur quoi repose ce soupçon et/ou cette affirmation ? Telle est la question que se pose Lauth. Pour nier le fait de la slavophilie de Dostoïevski, Lauth nous révèle, dans un chapitre de son livre consacré à "Dostoïevski et son siècle", l'essentiel de cette idéologie nationale russe sous-tendue par une conception du "peuple", dérivée de la matrice herdérienne mais rendue terriblement originale par l'apport d'une religiosité orthodoxe slave.

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28.05.2008

Aleksandr Dougine

Aleksandr Douguine: les Etats-Unis d'Amérique

Débat entre Douguine et Erofeev dans l'émission "К барьеру" de Solovev au sujet des Etats-Unis.

 

Aleksandr Douguine: la Russie et Vladimir Poutine

Emission "К барьеру" de Solovev.

 

Débat entre Aleksandr Douguine et le scientifique Kapitsa sur la Science dans la Post-Modernité

 

 

. Ortega y Gasset, philosophe espagnol du politique

par Robert STEUCKERS

Le 9 mai 1883 naît à Madrid José Ortega y Gasset. Brillant élève des Jésuites à Miraflores del Palo, près de Malaga, il perd la foi catholique sous la double influence de Renan et du "modernisme" religieux. Après avoir suivi les cours de droit et de philosophie d'une université de Bilbao, il publie une thèse de doctorat intitulée Les terreurs en l'an mille. Ce sera ensuite une série de séjours à Leipzig, à Berlin, à Marburg-am-Lahn. Fondateur de revues d'idées (Espana, El Sol, Revista de Occidente), hostile aux régimes autoritaires, il réagit en s'engageant personnellement. En 1931, il est élu député et fonde avec Maranon et Perez de Ayala un groupe parlementaire intitulé Al servicio de la Republica.

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27.05.2008

Ivo Andrić - Иво Андрић

Ivo Andrić, Иво Андрић (October 9, 1892—March 13, 1975) was a Croatian novelist born in Bosnia, short story writer, and the 1961 winner of the Nobel Prize for Literature. His novels The Bridge on the Drina and Chronicles of Travnik / The Days of the Consuls dealt with life in Bosnia under the Ottoman Empire.

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18.05.2008

Herder, une autre philosophie de l'histoire

Publié en 1774, l’essai de Herder (1744-1803) sur Une autre philosophie de l’histoire (Auch eine Philosophie der Geschichte) soumet la philosophie des Lumières à une critique radicale qui n’est pas sans rappeler celle de Rousseau. Dénonçant la croyance dogmatique en un progrès continu de l’humanité et l’arrogance d’un rationalisme abstrait qui refuse de faire droit à la différence des cultures, Herder s’efforce d’élaborer une "autre" philosophie de l’histoire articulant plus harmonieusement l’horizon de l’universel et la reconnaissance de la dignité des singularités. C’est dire que la lecture de cet opus philosophique permet de reconduire à leur lieu de naissance de nombreux débats contemporains sur la diversité des cultures, le statut de l’universel face aux accusations d’ethnocentrisme et l’héritage des Lumières.

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Le message de paix de Martin Buber

«Mon âme n'est pas près de mon peuple, mais mon âme est mon peuple. Et dans ce même sens, chacun d'entre nous sentira l'avenir de la judéité; il sentira ce qui suit : je veux continuer à vivre, je veux mon avenir, je veux une nouvelle vie entière, une vie pour moi, pour le peuple qui est en moi, pour moi-même qui suis en mon peuple. Car la judéité ne possède pas seulement un passé car je crois qu'en dépit de tout ce qu'elle a créé, elle n'a pas seulement un passé mais aussi un avenir». C'est en ces termes que Martin Buber (1878-1965), philosophe juif de la religion et de la société, décrit les dimensions de l'existence juive et ce sont là des paroles que l'on vou­drait tenir aux Allemands d'aujourd'hui, qui s'empressent trop souvent d'oublier leur propre nation, pour les in­citer à réfléchir, à procéder à une véritable introspection.

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16.01.2008

Charles-Ferdinand Ramuz

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Charles-Ferdinand Ramuz (24 septembre 1878 - 23 mai 1947 à Pully), écrivain et poète suisse né à Lausanne, dans le canton de Vaud, en Suisse.

Il obtient son baccalauréat en 1895 et entreprend une licence en lettres classiques, qu'il obtient en 1901. Il se rend à Paris en 1904 afin de préparer, à la Sorbonne, une thèse de doctorat sur Maurice de Guérin qu'il abandonne pour se consacrer à l'écriture.

Souvent taxé de régionaliste, il crée dans la première moitié du XXe siècle une langue romanesque visant à coller au plus près de la réalité vécue par ses personnages, le plus souvent paysans ou montagnards. Son œuvre, habitée par la rudesse et la beauté des paysages de Suisse romande qu'il s'est attaché à décrire, est travaillée par le souci constant d'atteindre au général par la description du particulier.

Sans cesse à la limite des genres, il remet en question le cadre traditionnel du roman en le rapprochant de la poésie. Il publie vingt-deux romans, parmi lesquels La Grande Peur dans la montagne (1926), La Beauté sur la terre (1927) et Derborence (1934), plusieurs recueils de nouvelles (notamment Nouvelles et Morceaux en 1910), des essais, de la poésie, un journal, ainsi qu'une pièce de théâtre, Histoire du soldat (1920), dont Igor Stravinski compose la musique.

En 2005, La Pléiade a publié les romans de Ramuz en deux volumes, ce qui a permis de remettre cet auteur suisse romand méconnu en France dans l'actualité. Cette même année, les éditions Slatkine, à Genève, entreprennent une publication critique des Oeuvres complètes de l'écrivain. L'ensemble devrait comprendre une trentaine de volumes.


Source:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Ferdinand_Ramuz

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