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06.07.2008
Paysages et sens du lieu

- Photo: Yann Arthus-Bertrand, mer
Par Luisa Bonesio
Comme l'a souligné Marcello Veneziani à propos des approches géo-philosophiques du problème de la territorialité, le besoin, caractérisant l'attitude communautaire, de se reconnaître dans des archétypes, traditions et continuités formant un horizon de sens, est inséparable du sentiment ou du désir d'appartenance à un lieu, d'enracinement dans une terre d'élection, de recherche d'un horizon où se fixer. C'est l'affirmation de la valeur des lieux et de la mémoire contre la mondialisation déracinante, cosmopolite, multiraciale, laquelle s'exprime aussi au travers du nivellement des caractéristiques locales, de l'uniformité indifférenciatrice où la Terre est comme fondue de nouveau en un bloc unique, monotone et déculturant. Dans le cadre de ses pertinentes oppositions terme à terme, Veneziani soutient que « la communauté relève d'un lieu, ce qui est libéral d'un temps » : la communauté est la pensée d'une origine et d'une généalogie inscrites dans des lieux précis patrie ou matrie , d'où elle tire aliment et sens (« La frontière n'est pas le mal, mais ce qui garantit concrètement la sphère de notre être et de notre agir » (1) ; le cosmopolitisme faustien, la fuite en avant libérale, sont au contraire tout entiers tournés vers la libération de ce qui rattache à une terre et à la singularité d'un lieu, au nom de l'universalisme à réaliser au sein d'une temporalité orientée vers le progrès. Ceci signifie que l'insistance sur la variabilité des temps et des traditions, donc sur le relativisme historique des valeurs, a pour pendant la tendance complémentaire à l'abolition des différences, des identités partielles et éparses. Inversement, la défense des différences, des identités et des traditions qui s'incarnent dans des patries territorialement définies, s'accompagne généralement d'une mise en valeur de la mémoire, de l'héritage culturel, dans le cadre d'une idée de communauté élargie aux ascendants et aux descendants, ainsi qu'à la terre elle-même.
14:20 Publié dans Identité, Métapolitique, Nouvelle Droite, Régionalisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : luisa bonesio, nature, géographie, philosophie, monde



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