« Mardi 18 mars sur Radio Bandiera Nera | Page d'accueil | « Tu n’es pas ton travail »… mais quand même… »

22.03.2008

L'homme (dés)intégré

Une lecture Traditionnaliste de la post-Modernité...

1089969428.jpg
Les funérailles d'Oskar Panizza, George Grosz (1917) 

L’objectif invisible de la société de consommation, de notre point de vue, est la destruction de toute forme d’organisation traditionnelle, ou si l’on préfère et plus largement, d’organisation au sens politique du terme – mais cela ne peut qu’avoir des implications plus profondes encore. Rien n’est plus révélateur qu’il nous faille délibérément choisir de raisonner « de notre point de vue », sans le regard de l’ingénieur fixé sur les paramètres vitaux de ce que nous pourrions appeler « Capitalisme », « Technique », ou même « Modernité », à la suite d’auteurs aussi fondamentaux mais différents que Karl Marx, Martin Heidegger [1] et René Guénon [2].

Pour la grande masse des individus, « satisfaits » et prétendument émancipés, la société de consommation, assimilée aux loisirs ou à la marchandise, s’affirme chaque jour un peu plus comme le lieu d’exercice de la liberté. C’est un fait qu’il serait naïf de contester, au nom de quelques « nouvelles tendances » : les effets secondaires engendrés, ou pour mieux dire, les « externalités négatives », à l’image de la dépression de masse, participent au même titre que les contestations plus ou moins affirmées – en réalité parfaitement vaines – au fonctionnement normal de cette société ; ce sur quoi nous reviendrons.

Quoiqu’il en soit, il y a là quelque chose de tout à fait paradoxal pour qui dispose de quelques connaissances sur le passé des peuples d’Europe, ou porte encore en lui un semblant de hiérarchie. Comment l’abandon, le relâchement et l’oubli – auxquels tend à s’assimiler le loisir – pourraient-ils être les moyens de la liberté, et moins encore, la liberté elle-même ? Comme dans tous les domaines, notre situation peut s’évaluer aux glissements lexicaux [3] intervenus dans le temps, sans même parler de la forme de nos productions, de très loin inférieure à celles de l’Antiquité classique.
 

...   lire la suite

Ecrire un commentaire