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15.03.2008
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Alors que le monde politiquement correct n'a de cesse de dénoncer une "ben-lepénistation des esprits", à savoir l'irruption des forces dites du "mal", on voit se constituer des réseaux d'action hors le Système en place, qui n'ont ni Ben Laden, ni Le Pen comme modèles et qui pourtant déclarent également la guerre aux ennemis de la liberté et de l'identité de l'Europe.
Pour les tenants du système, cette classe d'hommes et de femmes jeunes est dangereuse. Parce qu'elle veut et peut tout renverser. Elle n'est ni de droite, ni de gauche, et de droite et de gauche, elle n'a que faire des cases où l'on veut l'enfermer. Elle peut être écologiste, futuriste, conservatrice, révolutionnaire, métapolitique, transpolitique, et souriante à la fois.
Cette génération sait zapper avec les idées et leurs auteurs, elle lit les classiques présocratiques autant que Chrétien de Troie ou Tolkien, elle savoure Houellebecq comme Dantec, Camus, Murray, Soral. Tout ça sur fond de Rock Hussard.
Elle s'amuse de Vergés et s'interroge. Elle lit le petit livre rouge autant que les guides bleus. Elle savoure Nietzsche, Céline, Sorel, Maurras, Vincenot, et s'emballe pour tout ce qui dérange.
Elle jongle du léniniste "Que faire ?" aux parisiens "Que sais-je ?". Elle lit Sun Tzu, Clausewitz, Julien Freund, Guy Debord, Carl Schmitt, Evola, TecknikArt, Eléments, Tsim-Tsoum, et tant d'autres. Elle retrouve Proudhon, Dominique de Roux, ... et trace une nouvelle voie.
Musicalement, elle s'enivre des grands classiques, elle danse en "rave" avec des Walkyries, elle mixe, elle aime le Rock, sème les "bpm" mais connaît aussi les pas des bourrées que l'on ne dansait plus. Elle aime la culture, sa culture; mais sait respecter les autres.
Cette jeunesse redécouvre les traditions antiques, elle se plonge dans l'épopée d'Arthur autant que dans Sol Invictus. Derrière ses actes, ses pensées, les désirs de sa chair, elle redécouvre la spiritualité et la dimension du sacré. Elle retrouve le sens de toute chose, elle prend conscience de la force, elle embrasse son destin. Elle s'ouvre le nouveau champ des possibles.
Anarques, rebelles, conservateurs, révolutionnaires sont aujourd'hui capables de s'attabler avec des écologistes, des partisans de nouvelles solidarités sociales, ils partagent leur soif de liberté, d'hyper-liberté, leur souci d'identité, hyper-identité et leur faim de vie.
Cette génération, identitaire, libertaire, amoureuse, vitaliste.
Cette génération, notre génération, notre Jeunesse d'Européens.

CERCLE BOURGOGNE
RÉSISTANCE ÉTUDIANTE À L'UNIVERSITÉ DE BOURGOGNE
18:51 Publié dans Métapolitique, Résistance étudiante | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : cercle bourgogne, csae, résistance étudiante, europe, identité, révolution



Commentaires
Texte réprésentant tout-à-fait nos aspirations, mais avec quand même quelques nuances.
Premièrement, se prononcer ni gauche ni droite et/ou de gauche et de droite relève d'une position strictement personnelle, compréhensible en bien des points. Toutefois, cela est complètement incohérent d'un point de vue politique.
Cette différenciation gauche-droite remonte déjà à 1789. Les partisants du veto royal (donc en gros les promonarchistes) se situant à l'assemblée nationale à droite du président, et les opposants à gauche. Cette notion droite-gauche a évidemment évolué à travers les années, mais il subsiste néanmoins quelques points de différenciation fondamentaux.
En dehors de la dichotomie liberté-égalité, il y a la question de l'héritage, de l'individu enraciné. Pas besoin d'avoir fait un doctorat en sciences politiques pour constater que les milieux de gauche acceptent plus volontier l'idée de faire table rase du passé, et ont plus des considération de classes que culturelles. Sauf peut-être pour tout les pauvres petits peuples opprimés par les
"méchants-blancs-européens-coupables-de-tous-les-maux
-de-la-terre", mais cela relève avant tout d'un clivage nord-sud ramené à celui de riches-pauvres.
La droite, quant-à-elle, a des visées dans l'ensemble plus concervatrices. Ces positions sont très variées en raison de l'idée que l'on se fait de la société à perpétuer (Etats-Nations, patrimoine régional, Tradition européenne, etc). Il n'est donc pas étannant que dans beaucoup de pays, les libéraux par exemple se soient peu à peu déplacé à droite. Cela conduit aussi à trouver au sein de la droite les plus adversaires (et/ou ennemis) les plus farouchement opposés, ce qui, au vu de ce qui vient d'être écrit, n'est aucunement paradoxal.
On pourrait y voir par cette voie un dépassement de la dichotomie tant débattue, mais il faut garder en tête certains repères afin d'être compris et de pouvoir diffuser le message qui est le notre. Certes nos associations d'étudiants n'ont, hélas, pas forcément cette vocation de politique de rue, de terrain. Mais une bonne partie de la jeunesse décrite dans le texte oui.
Rien, par contre, n'empèche de mettre un complément au mot "droite", complement qui serait bien plus novateur (comme ce qu'avait fait la "nouvelle droite" par exemple) qu'une posture abstraite à la limite de la lâcheté. Ajouter un complément est prendre le jeu à son compte, sans se construire en opposition totale à l'adversaire, ce qui revient à en tirer son essence. Voilà, je pense, le message d'originalité qu'il faut en tirer.
Par ailleurs, le concept de "gauche nationale" d'Alain Soral entretient ce flou malsain dans notre positionnement. Voulant sortir des sentiers battus, il ne fait que consolider un conservatisme républicain français des plus hystériques: nostalgie d'un empire français avec assaisonnement social (en quoi la droite ne pourait-elle pas être sociale?). La vidéo de son entrevue sur le site fdesouche.com en est très révélatrice. Toutefois, je ne nie aucunement le fait que cet auteur ait pris des risques et s'attaque de façon délectable aux féministes et trotzkistes à la sauce Besancenot. Il faut en revanche considérer son (malheureux) changement depuis son essais "abécédaire de la bêtise ambiante".
C'est là qu'intervient ma deuxième critique. Bien que Soral soit un exellent polémiste, il ne reste qu'un polémiste. Même si l'on peut savourer certains de ses écrits et ouvrages, j'ai été fort étonné de ne pas trouver parmi les auteurs cités dans le texte Dominique Venner.
Pour étancher sa soif d'identité, la jeunesse dont on parle a besoin d'éveilleurs de peuples, pour ensuite le devenir à son tour. En cela, Dominique Venner rempli bien plus ce rôle qu'Alain Soral. C'est une évidence pour ceux qui ont eu la chance de l'entendre et surtout de le lire.
On peut apprécier l'oeuvre d'Alain Soral pour mille et une raisons, mais fondamentalement son projet de société, mélange de marxisme et de nationalisme républicain, est incompatible avec le notre, société aristocratique, organiciste et surtout identitaire (du moins à ce que j'ai cru comprendre en lisant le texte de la révolution conservatrice à l'Université). Par ailleurs, les notions de redécouverte, de réenracinement et de Tradition sont bien plus présentes chez Dominique Venner que chez l'agitateur précédemment cité. C'est pour cela qu'on peut apprécier l'oeuvre de Venner pour une raison, mais qui est plus forte que toutes les autres: la (re)découverte de ce que nous sommes.
Ecrit par : Hellas | 28.03.2008
Mais la question essentielle reste quand même :
Entre les cadets du tsarisme et les pioniers de l'URSS ... qui choisit-on ?
J'ai envie de dire les deux; camarade son altesse impériale.
Je pense qu'au CBRE-CSAE , peu importe la gauche , la droite. Le meilleur cinéma est soviétique, la meilleure camaraderie est celle du Dimanche du pardon dans la vieille Russie.
A "gauche", la différence se fait entre le gauchiste et le bolchévique. A "droite", entre le poête et le bourgeois.
Je propose donc comme figure un grand poête bolchévique : Vladimir Vladimirovitch Maiakovski !
Vers sur le passeport Sovietique
Je dévorerais la bureaucratie comme un loup,
je n'ai pas le respect des mandats,
et j'envoie à tous les diables paître
tous les " papiers ".
Mais celui-là...
Longeant le front des compartiments et cabines,
un fonctionnaire bien poli s'avance.
Chacun tend son passeport, et moi je donne
mon petit carnet écarlate.
Pour certains passeports on a le sourire,
d'autres on cracherait dessus.
Au respect ont droit, par exemple,
les passeports avec lion anglais à deux places.
Mangeant des yeux le brave monsieur,
faisant saluts et courbettes,
on prend comme on prend un pourboire,
le passeport d'un Américain.
Pour le Polonais on a le regard
de la chèvre devant l'affiche.
Pour le Polonais le front est plissé
dans une policière éléphanterie
d'où cela sort-il et quelles sont ces
innovations en géographie ?
Mais c'est sans tourner le chou de la tête,
c'est sans éprouver d'émotions fortes
qu'on reçoit les papiers danois
et les suédois de diverses sortes.
Soudain, comme léchée par le feu,
la bouche du monsieur se tord.
Monsieur le fonctionnaire
a touché la pourpre de mon passeport
Il le touche comme une bombe,
il le touche comme un hérisson,
comme un rasoir à deux tranchants,
il le touche comme un serpent à sonnettes,
à vingt dards, à deux mètres de longueur et plus.
Complice a cligné le regard du porteur,
qui est prêt à porter vos bagages pour rien.
Le gendarme contemple le flic,
le flic le gendarme.
Avec quelle volupté la caste policière
m'aurait fouetté, crucifié,
parce que j'ai dans mes mains,
porteur de faucille,
porteur de marteau,
le passeport soviétique.
Je dévorerais la bureaucratie comme un loup,
je n'ai pas le respect des mandats,
et j'envoie à tous les diables paître
tous les "papiers", mais celui-là...
Je tirerai de mes poches profondes
l'attestation d'un vaste viatique.
Lisez bien, enviez
- je suis
un citoyen
de l'Union Soviétique.
(1929)
Ecrit par : Youri Moriganski | 28.03.2008
Chers Camarades,
Tout d'abord et d'un point de vue personnel, je me reconnais plutôt bien dans le manifeste de nos camarades du CBRE. Pour en revenir à ce débat gauche / droite, je pense qu'il ne faut pas sous estimer ou voir un dépassement du clivage classique gauche - droite comme une menace.
Cette convergence n'est pas un confusionnisme car elle passe par le filter de la discussion, de l'échange des idées, de la praxis mais aussi de certaines conditions socio-économiques que je n'aurais pas peur de qualifier d'objectives. L'initiative de Rébellion et de son mouvement Social Révolutionnaire Européen me paraît en ce sens être tout à fait positive, tout comme le magazine Eléments d'ailleurs...
Etre aptes à dépasser l'ancien clivage gauche/droite hérité notamment de la Guerre Froide est essentiel. Tant qu'on refusera d'aborder sérieusement la Question Sociale sous prétexte que les auteurs marxistes n'ont pas la même vision du monde que nous est un réflexe obsolète. Ne serait-ce que par curiosité intellectuelle afin de bénéficier d'une culture politique solide et large, nous ne devons pas refuser de nous intéresser à des théories ou critiques que se sont appropriés ceux qui peuvent se poser en adversaires. Certaines théories ou critiques socio-économiques autrefois classées à gauche peuvent être appréciées de nos jours sous un autre angle et donner lieu à de fertiles réflexions (pas nécessairement par une synthèse qui pourrait être un syncrétisme étrange mais par une véritable dialectique des idées).
Tant qu'un marchand instille une morale d'épicier au sein d'une communauté ou d'une civilisation, notre lutte ne doit pas s'arrêter. Le système capitaliste qu'il soit mondialiste ou national / d'Etat (comme ce fut le cas dans les systèmes totalitaires du XXième siècle) reste toujours une aliénation, une exploitation de l'Homme par l'Homme, un système plaçant l'argent et ses différents avatars (marchandise, rentabilité, équilibre budgétaire, croissance) comme l'alpha et l'oméga de nos vies, de nos sociétés et finalement du monde. L'identité doit se vivre pleinement, c'est une Mémoire et aussi un vécu qui doit être spontané et authentique, non-aliénant. Seule la civilisation moderne d'inspiration occidentale (lisez d'ailleurs Serge Latouche à ce sujet, c'est excellent) place l'argent et l'économie comme son principe organisateur.
C'est aussi par amour de la Liberté qu'on doit rejeter le Capitalisme et ses avatars philosophiques libéraux qui font de l'Homme une unité fonctionnelle tout comme dans les systèmes tyranniques ou totalitaires. Nous devons ici affirmer une vision du monde personnaliste: la personne et sa dignité intrinsèque ne sont pas séparées de l'idée de communauté au sein de laquelle elle est une unité autonome et reconnue. Par l'idée personnaliste et subsidiariste nous entendons affirmer les différentes échelles d'appartenance d'un Etre Humain, que ce soit au sein d'une société donnée, d'une civilisation ou du monde (ex.: Savoisien, Français, Européen et aussi Humain). L'Homme et la Nature sont faits de cette complexité qu'aucune analyse exclusive, qu'elle soit basée simplement sur la classe, l'ethnie ou le genre, ne peut expliquer. On reproche souvent à Alain de Benoist son érudition pourtant elle est capable de rendre compte de nombreux phénomènes....
En tout cas Yuri, l'idée de choisir les Cadets et les Pionniers peut en faire rire certains mais elle s'est historiquement vérifiée par différents cas comme le soutien de membres des Centuries Noires au pouvoir soviétique naissant (notamment la Tchéka), le soutien de Russes exilés au régime soviétique au moment de la Grande Guerre Patriotique (avec d'ailleurs la récupération par Staline des figures de l'Ancienne Russie), les nationaux-bolchéviques voire dans une certaine manière le national-communisme. Des mouvements patriotiques ou nationalistes russes ont d'ailleurs souvent mis la question sociale en avant (NTS et bien d'autres) et de nombreux mouvements politiques ou personnalités russes du XIXèmes siècle ont senti le caractère impérieux de ne pas séparer question sociale et question nationale (ou identitaire notamment par la défense du monde rural). Tolstoï, Dostoevski, les panslavistes, les sociaux révolutionnaires...en sont un exemple. Rappelons nous que lors du terrible Dimanche Rouge en 1905, la population de Sankt Peterburg qui était socialement désespérée avait lancée une marche pacifique de protestation en direction du Palais du Tsar et les manifestants ne souhaitaient en aucun cas critiquer le Tsar ou le renverser. Bien au contraire, les manifestants marchaient avec des icônes en tête du cortège et étaient persuadés que leur Petit Père était mal conseillé et les écouterait. La suite fut tragique comme on le sait, les manifestants essuyèrent le feu des troupes.
Finalement et suite à ces réflexions, pourquoi combattons-nous? Pour que nos âmes, nos esprits mais aussi nos estomacs ne soient jamais vides. Si mes souvenirs sont bons, Jose Antonio Primo de Rivera, alors qu'il était face à un peloton d'exécution formé de miliciens libertaires leur déclara qu'il n'était pas leur ennemi, qu'il les comprenait car ils avaient manqué de Pain et qu'il avait lutté pour réconcilier ceux qui avaient manqué de Pain avec la Patrie.
Fait intéressant surtout si on repense aux contacts établis notamment par Ramos avec certains militants révolutionnaires de gauche, à la répression franquiste envers les Falangistes Autonomes et au film Rojo y Negro...
Ecrit par : Rodion Raskolnikov | 29.03.2008
Chers camarades,
Je suis de ceux qui ne peuvent plus aujourd'hui se reconnaître dans le clivage gauche/droite, effectivement - en l'état - hérité de la 'guerre froide'. Si le rappel historique de Hellas est exact, il n'est pas - dans l'absolu - exempt d'imprécisions problématiques, et tend aujourd'hui à véhiculer - relativement - des images qui ne correspondent en rien à la-dite droite contre-révolutionnaire.
Qui est de droite ? Qui est de gauche ? A droite, à gauche ? Si l'on suit Julius Evola dans sa tentative de définition d'une 'droite authentique', Traditionnel, un homme tel que Charles Maurras - avec son positivisme affiché - ne peut être dit sans retenue 'de droite'. Un traditionaliste intégral peut très bien, selon qu'il voit la moitié vide du verre plutôt que la moitié pleine, le juger dévoyé, subversif... en un mot 'moderne'.
La question est encore plus ardue si l'on cherche à classer un homme tel que F. Nietzsche. La guerre totale contre les valeurs bourgeoises - la guerre du 'parti de la vie' - ne serait-elle pas, par essence, de droite ? Mais est-elle encore de droite lorsqu'elle conduit à renier l'héritage de la Chrétienté ? L'individualisme sous-entendu par une telle orientation n'est-il pas, d'ailleurs, essentiellement de droite ? C'est pourtant au sein de la contre-révolution que les premières critiques radicales de l'individualisme furent formulées.
Nous pourrions multiplier les exemples. Auquel cas, un tel débat - certes intéressant - ne me semble pas avoir grand sens, et je songe à Pierre Vial - alors bien inspiré - proposant l'appellation 'Nouvelle Culture' pour le G.R.E.C.E. Nous aurions tort de nous raccrocher aux désignations - de nous y raccrocher par principe. D'une façon générale, elles ne se suffisent jamais à elles mêmes: rien n'empêche de se dire individualiste-fasciste, national-communiste, euro-chrétien, völkisch-moderniste, ...
Tous les paradoxes apparents peuvent être valables, et en dire plus qu'une 'norme' que l'on pense bien établie.
Que peut bien comprendre à 'droite' ou 'gauche' un étudiant ? Il comprend ce qu'il souhaite comprendre, mais pas nécessairement ce que nous entendons, de notre côté, par ces termes. Que peut bien signifier la tradition (et la Tradition, plus encore ?), sinon diverses choses totalement contradictoires ? Sans doute cédons-nous à la facilité lorsque nous y voyons les 'racines de toute individualité vraie' - ce qui n'est pas faux -, sans y regarder de plus près. Il est également exacte qu'elle fut - qu'elle est par essence - un risque d'arriération, de dégénérescence, ... Chacun y voit a priori ce qu'il veut y voir, pour des raisons le plus souvent psychologiques.
Nous sommes amenés à dépasser nos prétentions toutes modernes à l'objectivité.
Notre époque est, en quelque sorte, une époque 'hegelienne' (ou anti-hegelienne, si l'on préfère): la post-Modernité européenne est l'ère de la contemplation absolue après la tentative de reformulation générale. Plus qu'aucune autre époque, elle est humaine; elle est la crise absolue comme nouvelle norme anthropologique. Qui peut encore avoir des certitudes, quand nous savons toutes les choses si relatives ? L'homme européen porte en lui le plus grand nombre d'expériences existentielles: il fut à la fois dans la main de Dieu et soldat du nihilisme, enraciné dans la terre et vivant dans la Pensée, rigoriste et décadent militant, rationaliste et romantique, sentimental et méprisant, ... Le pire étant que l'on peut être tout cela successivement, sous un même nom, mais aussi tout cela à la fois.
La contradiction permanente, le risque de devenir toujours 'un autre' sont sur la ligne d'horizon du jeune militant européen, héritier d'individus qui firent semblant de savoir qui ils étaient absolument (et pour quel résultat ?). Nous avancerons le jour où nous accepterons cette condition historique, qui est aussi une mission. Apprendre à dépasser tous les tabous intellectuels, à ne plus se guider qu'au style, à ne plus afficher qu'une démarche - et non un programme, ou même une idéologie. Si l'étudiant peut faire quelque chose, c'est bien s'engager dans ce combat personnaliste sous-entendu par Rodion, ce combat pour la préservation d'un regard complexe.
Les considérations strictement politiques en découlant, que cela ne nous inquiète pas. Mais nous nous tromperions surement à vouloir faire coïncider pensée et discours, discours et action. Notre défi n'est-il pas le suivant: gagner toujours plus un décalage vis-à-vis de nous-même, creuser une zone d'intériorité se confondant avec la liberté ? De là, tout cadre peut œuvrer politiquement, c'est-à-dire simplifier outrancièrement les problèmes publiquement pour mieux résoudre leur complexité.
Relever ce défi - en une certaine mesure spirituel - appartient en premier lieu à l'Université.
Le petit texte publié ci-dessus, sans trace d'intellectualisme, ne dit pas autre chose.
Ecrit par : Benjamin CBRE | 31.03.2008
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